7 erreurs qui retardent votre ouverture de commerce de plusieurs mois

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Vous avez signé votre bail. Vous avez une date d’ouverture en tête, peut-être même déjà communiquée à vos clients ou votre famille. Et puis, sans que vous compreniez bien pourquoi, les semaines passent, les mois s’accumulent, et l’ouverture recule encore et encore.

Ce scénario, je le vois régulièrement. Et dans la grande majorité des cas, les retards ne viennent pas d’un imprévu extraordinaire. Ils viennent de sept erreurs récurrentes, souvent commises sans le savoir, dès les premières semaines du projet.


Erreur n°1 : déposer le dossier ERP trop tard

C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse en temps.

L’autorisation de travaux ERP est obligatoire pour tout commerce qui ouvre ou se transforme. Elle est instruite par la mairie après avis de la commission de sécurité, et le délai d’instruction officiel est de deux à quatre mois. Beaucoup de porteurs de projet découvrent cette obligation trop tard, souvent après avoir déjà engagé des entreprises, voire commencé certains travaux.

Le problème ne s’arrête pas au délai d’instruction. Si le dossier est incomplet ou mal préparé, l’administration demande des pièces complémentaires, ce qui suspend le délai et repart pratiquement de zéro. Un dossier bâclé peut transformer un délai de deux mois en un délai de six mois.

La solution est simple sur le papier : déposer le dossier dès que le projet est suffisamment défini, idéalement avant même la signature définitive du bail si possible, et s’assurer qu’il est complet dès le premier dépôt.


Erreur n°2 : ne pas vérifier la compatibilité du local avant de signer

Beaucoup de commerçants tombent sous le charme d’un local, signent rapidement pour ne pas le perdre, et découvrent ensuite des contraintes qui auraient dû être identifiées avant.

Un règlement de copropriété qui interdit l’activité envisagée. Un PLU qui ne permet pas le changement de destination souhaité. Une structure du bâtiment incompatible avec le poids des équipements prévus. Un réseau électrique insuffisant pour l’activité. Un secteur ABF qui impose des contraintes lourdes sur la façade et l’enseigne, contraintes que le commerçant n’avait pas anticipées dans son budget ni dans son calendrier.

Chacune de ces découvertes tardives entraîne des semaines, parfois des mois de retard, le temps de trouver une solution, de renégocier avec le bailleur, ou pire, de chercher un autre local.


Erreur n°3 : se passer d’un maître d’œuvre pour gagner sur les honoraires

C’est une erreur d’arbitrage assez fréquente. Le porteur de projet veut réduire ses coûts, et les honoraires de maîtrise d’œuvre semblent être une dépense qu’on peut éviter.

Rien n’oblige légalement à recourir à un maître d’œuvre pour la plupart des projets commerciaux. Mais sans lui, c’est le commerçant lui-même qui doit rédiger ou faire rédiger les dossiers réglementaires, consulter les entreprises, coordonner les interventions, vérifier la conformité des travaux, gérer les imprévus. Un travail considérable pour quelqu’un dont ce n’est pas le métier.

Le résultat le plus fréquent : des devis mal comparés, des entreprises mal coordonnées, des dossiers administratifs incomplets qui font perdre des semaines en allers-retours avec l’administration. L’économie réalisée sur les honoraires se retrouve souvent largement dépassée par le coût du temps perdu et des erreurs commises.


Erreur n°4 : se passer d’un bureau de contrôle quand il est obligatoire

Pour les établissements classés en première, deuxième, troisième ou quatrième catégorie, c’est-à-dire ceux qui accueillent plus de 300 personnes, le recours à un bureau de contrôle agréé n’est pas une option. C’est une obligation réglementaire qui conditionne l’obtention de l’autorisation de travaux ERP.

Certains porteurs de projet, dans une logique d’économie ou par méconnaissance de cette obligation, avancent dans leur chantier sans avoir missionné de bureau de contrôle. La commission de sécurité, en l’absence de cet avis dans le dossier, refuse purement et simplement l’autorisation, ou la conditionne à la production ultérieure de ce document. Le chantier se retrouve alors suspendu en attendant que le bureau de contrôle soit missionné, intervienne, et rende son avis, ce qui ajoute facilement plusieurs semaines au calendrier.

J’explique en détail dans quels cas un bureau de contrôle, un coordinateur SSI ou un maître d’œuvre sont réellement obligatoires, selon la catégorie de votre établissement.


Erreur n°5 : mal coordonner les entreprises

Un chantier commercial implique généralement cinq à dix corps de métier différents. Maçon, électricien, plombier, plaquiste, carreleur, peintre, menuisier, parfois plus. Quand cette coordination n’est pas pensée à l’avance, les interfaces mal gérées deviennent la première cause de retard sur le terrain.

Le menuisier qui pose les agencements avant que l’électricien n’ait terminé ses gaines. Le carreleur qui démarre avant que la chape ne soit suffisamment sèche. Le peintre qui doit attendre que tout le reste soit fini, alors que son intervention était censée commencer deux semaines plus tôt. Chaque blocage en entraîne un autre, et l’effet cumulé peut représenter plusieurs semaines de retard sur un chantier de trois mois.


Erreur n°6 : oublier les diagnostics obligatoires

Le diagnostic amiante avant travaux est souvent confondu avec le diagnostic de vente, ou tout simplement oublié. Pourtant, il est obligatoire dès qu’on touche à des éléments susceptibles de contenir de l’amiante dans un bâtiment construit avant 1997.

Découvrir cette obligation en cours de chantier, au moment où une entreprise refuse d’intervenir sans ce diagnostic, c’est devoir arrêter le chantier, faire réaliser le diagnostic, attendre les résultats, et parfois faire intervenir une entreprise spécialisée en désamiantage si le diagnostic est positif. Ce sont des semaines de retard, et un coût qui n’était pas prévu dans le budget initial.


Erreur n°7 : sous-estimer le délai entre la fin du chantier et l’ouverture effective

C’est l’erreur la moins connue, et pourtant souvent décisive sur le calendrier final.

Beaucoup de porteurs de projet pensent que l’ouverture peut suivre immédiatement la fin des travaux. C’est rarement le cas. Pour les établissements de première à quatrième catégorie, et pour certains établissements de cinquième catégorie selon la nature des travaux, une visite de la commission de sécurité est obligatoire avant l’ouverture au public. Cette visite doit être demandée, planifiée, et elle peut elle-même révéler des non-conformités à corriger avant que l’autorisation d’ouverture ne soit délivrée.

À cela s’ajoutent souvent l’installation des équipements spécifiques à l’activité, la formation du personnel, les derniers réglages, le temps de livraison de certains équipements commandés en cours de chantier. Tout cela représente facilement plusieurs semaines qui ne sont pas comptées dans le planning initial du chantier.


Ce que ces sept erreurs ont en commun

Aucune de ces sept erreurs n’est due à un imprévu extraordinaire ou à de la malchance. Elles viennent toutes d’un même problème : un manque d’anticipation dès les premières semaines du projet, quand tout semble encore simple et que l’enthousiasme du démarrage prend le pas sur la rigueur de la préparation.

C’est exactement le rôle d’un accompagnement en maîtrise d’œuvre que d’anticiper ces points avant qu’ils ne deviennent des blocages. Pas pour ralentir le projet par excès de prudence, mais pour s’assurer que chaque étape est sécurisée avant de passer à la suivante, et que le calendrier annoncé au départ a une vraie chance d’être respecté.


Vous avez un projet de commerce et vous voulez sécuriser votre calendrier d’ouverture ? JBB Architecture peut vous accompagner dès les premières réflexions pour cadrer le projet, anticiper les contraintes et préparer une mission adaptée.


Jean-Baptiste Brulé, JBB Architecture d’intérieur & maîtrise d’œuvre, Auxerre
18 rue du Grand Caire, 89000 Auxerre